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    Montage BFMBusiness Revenu universel

    Le revenu universel peut-il mettre fin au chômage ?

    Un député des Verts lance une expérimentation pour tester le revenu universel et soudain tout le monde veut sa part du gâteau. Si ce nouveau mode d’aide sociale peut modifier la société, peut-il aussi résoudre la crise de l’emploi ?

    Bingo ! Vous trouviez que le revenu universel, cette allocation versée à tous les citoyens sans aucune contrepartie, avait des airs de Loto ? Julien Bayou l’a probablement pensé aussi, puisque le conseiller régional d’Île-de France a proposé de tirer au sort un Français et de lui verser 1000 euros par mois pendant une année. L’expérimentation sera financée par une campagne de crowdfunding en cours qui a déjà rassemblé 850 donateurs et 26 500 euros, un montant permettant déjà d’étendre le test à trois bénéficiaires. Trois futurs glandeurs ou trois heureux « esclaves » modernes libérés pour exercer enfin le job de leur rêves ? Rien de sûr.

    Money for nothing. Très à la mode depuis que le prix Nobel d’économie 2013, Paul Krugman, l’a défendu, le « revenu de base » vise à remplacer toutes les aides d’État au profit d’une seule, versée à chacun peu importe sa condition, son âge ou son travail et sans contrepartie aucune. À droite, on apprécie l’idée de simplification du boulot de l’État (prélèvement et calcul des versements notamment) qui permettrait de réduire le nombre de fonctionnaires. Une position qui ne risque pas de faire gonfler le nombre de travailleurs…

    À gauche, on loue la possibilité d’éradiquer la pauvreté en assurant enfin de quoi vivre à chacun. Enfin, selon le montant qu’on envisage de verser… Car les tests actuellement envisagés – comme à Stockton en Californie ou à Utrecht aux Pays-Bas – tournent autour de 500 euros, ce qui ne couvre ni un logement, ni le budget alimentation de quiconque. Vous voulez le monter à 800 euros par tête ? No problemo, il suffira de trouver 47 milliards pour le financer. Et des travailleurs pour cotiser.

    Le Forum économique mondial a fait le calcul : 5 millions d’emplois vont disparaître d’ici 2020. Alors, pourquoi vouloir bosser à tout prix ?

    Le travail c’est la santé ? Paradoxalement, c’est l’époque qui exige un revenu universel, car l’emploi se modifie. D’un côté les robots, intelligences artificielles et algorithmes rendent caduques la majorité des jobs. De l’autre, les startups et l’auto-entrepreneuriat écartent de plus en plus de monde des modèles de cotisations classiques (les chauffeurs Uber par exemple n’ont pas de droit au chômage). Puisque l’humain n’est plus la principale valeur ajoutée à une boite, alors la rémunération n’a plus besoin d’être liée au travail, expliquent les plus philosophes. Soit, et du coup, on fait quoi maintenant ? Réponse : on bosse pour de vrai, et non pour le fric.

    Tous feignasses ? Nombre de cadres supérieurs ont choisi récemment de revenir à des tâches artisanales ou des métiers de bouche plutôt que de jongler avec des métadonnées. Pourquoi eux-seuls auraient-ils droit de vivre heureux ou de lancer leur action humanitaire autour du monde ? À défaut de créer de l’emploi, il faut en effet s’attendre à une vague d’entrepreneuriat.

    Beaucoup considèrent ainsi que, sans besoin de gagner sa croûte, le marché de l’emploi serait plus ouvert, permettant aux faibles niveaux de diplôme de postuler à des jobs abandonnés par d’autres. Débarrassé du besoin de rentabilité, la recherche de performance s’efface au profit de la volonté de bien faire. C’est le point de départ de l’initiative Zéro chômeur d’ATD Quart Monde qui considère que chaque personne a des compétences pouvant être utiles à la société. Il suffit de se cotiser pour créer les emplois nécessaires à leur exploitation, à condition de ne pas concurrencer les entreprises lucratives déjà existantes et équivalentes.

    Robot, ressers-moi. Et puis, si c’était si contraire aux idéaux libéraux, comment expliquer que Richard Branson, le cofondateur de Facebook, Chris Hugues ou Elon Musk défendent le revenu de base ? Globalement, l’idée qu’ils soutiennent est que, dans un monde régenté par des robots, nous n’avons pas à devenir des mendiants, mais plutôt profiter des carrosses que nous avons monté et dans lesquels nous prenons aujourd’hui place. Allez, en route pour le futur dans un wagon-lit.

    Crédit photo-montage de une : BFMBusiness.

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