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    Japon : voyage dans la première communauté techno hippie

    Des hackers et geeks du monde entier se sont retrouvés dans un Japon post Fukushima pour profiter d’un wifi ultra puissant pour révolutionner la permaculture. Notre reporter s’est rendu sur place pour mieux comprendre.

    Au début étaient les rizières. Puis vint le wifi. Puissant. Puis Fukushima. Et la conscience d’une catastrophe écologique majeure pour l’humanité. Du monde entier sont alors arrivés des militants pour prêter main forte aux communautés locales. Pour se reconnecter à la nature et réinventer le monde. Il y a de l’utopie dans la province de Chiba au Japon. Des hackers, développeurs, rêveurs, makers du monde entier ont investi la campagne pour une expérience entre le kibboutz et la communauté du futur.

    Akiba, est l’un des premiers à s’être installé dans la campagne, attirant des activistes du monde entier en quête de nature. La trentaine, ce japonais est un techno hippie. Un vrai de vrai. Toute la journée, il pianote sur son ordinateur pour faire tourner sa boite d’informatique. Et mettre au point avec des volontaires de toute la planète des capteurs pour suivre la température dans les rizières, le nombre de sangliers, la pollution de l’air et trouve comment opérer la régulation à distance des récoltes… Une forme d’agriculture augmentée, qui intègre le savoir-faire ancestral des paysans, s’appuie sur des relevés par drones et vise l’auto-suffisance.

    Tous sont ralliés au projet « Hackerfarm », une étrange alliance entre des geeks et des paysans japonais. Une tentative pour ancrer le nouveau monde des réseaux, du code, dans les territoires. Pour faire de l’intelligence collective qu’on peut créer sur les plateformes…un outil au service des oubliés du net.

    Résilience technologique. Son ‘’labo’’ sert à d’autres personnes de la communauté. L’occasion de geeker ensemble, d’inventer, d’échanger et d’apprendre… Ils ont ainsi mis au point des mini bocaux ampoules DIY qui peuvent durer 50 ans sans problème et coûte 1$. Une charge d’une heure au soleil fournit 4 jours d’autonomie en électricité. L’idée lui est venue pendant Fukushima et les nombreuses coupures de courant qui ont plongé la région et sa vie dans l’obscurité. Et comme partout quand l’énergie redevient un luxe, les habitants inventent de l’énergie localement. « L’énergie verte viendra des communautés » croient les résidents de Hackerfarm.

    Passons aux choses sérieuses : l’alimentation. Autour d’un barbecue, la communauté discute du futur de ce drôle de kibboutz, du Hackerfarm. Ces rendez vous obligatoires définissent les prochaines grosses dépenses : garde d’enfants, cuisine partagée pour faire du pain tout les jours ou organisation des deux cafés qu’il comptent re-ouvrir. Les anciens de la région, au départ méfiants, voient maintenant revenir des jeunes travailler dans les campagnes. Et un petit monde se former, avec ses réunions, ses cafés et même sa monnaie complémentaire appelée AwaMoney qui aide aussi à créer du lien localement. Et doucement, les vieux japonais et les nouveaux pionniers forment un village. Autour de la table se nouent les liens les plus solides. Ici, les chercheurs et les locaux mélangent leurs envies et leur savoir.

    Chris, fondateur principal du projet Hackerfarm, discute avec monsieur Takanashi-san du futur projet de permaculture augmentée sur les terrains qu’il a mis à disposition. Depuis plusieurs années, ce développeur américain vit dans l’archipel et la secousse nucléaire lui a fait palper la fragilité d’un humain sans attaches avec la terre. « Etre capable de faire pousser la nourriture de base donne vraiment une autre vision de la vie et une confiance. Au moins, je peux survivre par moi-même quelles que soient les catastrophes. Je sais que je ne serai pas totalement démuni« , affirme l’informaticien qui travaille aussi à distance comme traducteur.

    Permaculture et « jardins de résistance ». Mi japonais, mi américain, Kai, lui, est le spécialiste des jardins de résistance. Une nouvelle vision de l’agriculture, menée localement, par les habitants, pour se nourrir et se relier à la terre. Une idée qui fait son chemin partout dans le monde et même à Paris, où la mairie instaure des jardins et potagers partagés. Tandis que les métropoles réfléchissent à leur autonomie alimentaire, Kai teste des programmes de permaculture un peu partout localement mais aussi à l’étranger (notamment à Detroit) Invité régulièrement aux évènements TEDx pour propager la bonne parole, il alterne cette vie internationale, ses cours et des moments de retour à sa terre. Un par un, il a cueilli les légumes de notre repas du soir…

    Il vit principalement grâce à l’économie du don : ses habits et sa maison lui ont été donnés en cadeaux par la communauté, par ses fans…Un joli mouvement global d’activistes le suit et l’aide ainsi à publier ses découvertes…

    Il m’invite d’ailleurs à dormir chez lui dans cette magnifique province de Chiba afin de partager ses secrets de permaculture. Pendant ce temps, sa compagne donne des cours de yoga en ligne au premier étage…Ambiance Zen !

    Il a la chance de vivre dans un petit coin de paradis, au sein d’une petite communauté techno hippie. Le bâtiment passif, c’est à dire autonome en énergie, abrite quatre familles et un café ouvert tous les weekends au public. Chacun se relaie  pour cuisiner et s’occuper du jardin.

    Surf et boissons fermentées. Nous décidons de gagner la plage. Chiba est un peu la capitale du surf au Japon. Des artistes se sont installés depuis quelque mois dans la région. Ils ont réparé une minka (maison traditionnelle japonaise) qu’ils habitent entre des voyages d’affaires à Melbourne, Sao Paulo, New-York… D’autres technomades arrivent du monde entier et se retrouvent pour discuter permaculture… et surf !

    Au milieu de cette forêt secrète, l’ambiance est entre Woodstock et Burning Man. Des planches de longboards jonchent le sol, un feu de camps crépite sous le ciel étoilé. Le lendemain matin, nous participons à une cérémonie du thé. Bien méritée après trois jours de barbecue et vin rouge !

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